Jan Fabre Musées Royaux des Beaux Arts de Belgique, Chapters I-XVIII.
Pour certains « on ne fait pas
d’omelette sans casser d’œufs », pour Jan Favre ce serait
plutôt « on ne fait pas d’œuvre sans accidenter de
chats ?!! ». Soit. Jan Favre est un artiste contemporain,
chorégraphe, plasticien de renom, dont l’univers poétique,
sarcastique, improbable, mystérieux possède une esthétique
particulièrement appréciable. Décrié récemment dans la presse
pour sa dernière performance à Anvers (je vous laisse faire les
curieux sur cette lancée de chats), c’est pourtant très
enthousiaste que j’ai pu faire cette visite au Musée Royaux des
Beaux- Arts de Belgique.
Ce n’est pas une performance mais
bien une exposition dans les règles de l’Art que Jan Favre
présente à Brussels sous le titre de Chapters I-XVIII , dans
le cadre d’un circuit des salles consacrées aux Maîtres Anciens.
Entre humour et sarcasme, cette exposition présente 18 bustes en
bronze et 18 en cire, toute relevant d’une fantasmagorie
extraordinaire. Ces têtes « autoportraits »,
munies de cornes aux formes différentes, souvent démesurées, et
aux oreilles animalières, traitent les significations possibles de
l’image de soi. Formant un alignement parfait, les têtes en
bronze, brillantes et étincelantes faisaient face aux têtes en
cire, plus ternes et recouvertes de couleurs affirmées pour
certaines, laissant entre elles un espace de déambulation au
spectateur. Galerie des horreurs, galeries de vanités ou galerie
des splendeurs ?
Le lien entre Favre et les Maîtres
Anciens est ici un lien culturel, lien de la création artistique et
en même temps détournement de celle-ci. Fabre semble poser par
l’éclat et l’ombre de la matière la même question
inlassablement depuis des siècles, celle des passions, des émotions
de l’humanité, tout en les ironisant. Dans les autres salles, la
Peinture ancienne se mêle à ces objets d’arts, des sculptures
dorées qui rejoignent sans doute nos mythologies contemporaines et
nos accroches capitalistes. Illusions vaines ? L’expression
multiple de ces visages, tristes, heureux, étonnés, sadiques,
mélancoliques, diaboliques, angéliques, crée une atmosphère très
particulière sans la salle d’exposition aux murs pourpre sang.
Mous et remous, dureté des traits de la mise en forme et minimalisme
de présentation viennent proposée à la fois une rupture et une
continuité avec le reste des œuvres du Musées.
Exposition jusqu’au 27 janvier
2013.
Anne C.
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