Elle.
…Dans
sa prairie, les chevaux sont morts.
Un
à un, pourrissant sur le sol mais y faisant un terreau.
Terreau
fertile d’humanité où un seul être vous manque.
Fluidité
des aigreurs du temps.
Terreau
charnel ou terreau charmant
L’écoute
transperce la fureur
Brise
l’amour sur la glace pour mieux l’y retrouver.
Autant
de joie que de peine
Equilibre
fragile d’un indécis sultan
Possession
de grandeur ou richesse de vie ?
Elle
ouvre enfin le coffre pour y déceler milles secrets
Que,
seule, elle ne peut déceler.
Au
vent de la tourmente
Sang
partagé d’un idéal vain
Elle
retourne les cartes sur le versant du motif
Son cavalier de pique remplace la dame de cœur
Retrouvant
place en un lointain horizon.
Elle
perd son enfance sur des champs de bataille
Chevaux
gracieux coupant leurs souffles
Dans
une cavalcade arborescente
Ivresse
des jeunes années, tombes de passage.
Mais
peut-elle vraiment s’y confondre ?
Vivre
sans liberté, sans mors dénudé
D’où
le chaos fait sa force
Et
où …
Lune Hiver fait mine
Un.
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Le Centaure
Je L'ai vue, la Chimère.
Le Centaure de Madagascar,
Il court pieds nus les rues de sable
Des grandes villes, dans la poussière.
Le Monstre a plusieurs têtes...
L'antérieure, toujours noire,
Coiffée d'un couvre chef,
Surmonte un torse sec
Mû par deux jambes fuselées.
Ses flancs bleu jaune vert rouge
Reflètent la beauté du Monde
Pour mieux dissimuler
La laideur de sa croupe...
Une à quatre têt' y poussent,
Blanches, noires, cuivrées,
Au gré du Temps.
Sur des troncs impotents
Flanqués de lourdes roues,
Elles dominent son être
Et dirigent sa course.
Je Le rêve, au Levant,
- sous l'assaut de quelle guêpe ? -
Piquant des deux vers la grève.
Qu'Il rue dans les brancards
Qu'Il largue ses roulettes.
Ses têtes suffisantes,
A présent superflues,
Echouées sur la plage
Comme des cocos de mer,
Le contempleront nu
Se fondre à l'horizon
Et fouler à jamais
Le sable des Légendes.
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Errance(1)
J’ai créé une boite spécialement
pour toi,
Pour y remettre un peu de ce jeu
Y déposer un sublime regret, un mieux.
Une boite réactivant un cœur qui chatoie
A nous dire que c’est d’un raté que se font les poèmes
En décalage horaire à cette peine.
Quand sauras- tu me retrouver
Autre que sur du papier glacé ?
S’activer à refaire les mêmes erreurs
Pour quelques autres malentendus,
Stagner sur le sol, accroupi, à cette heure,
Ne m’as-tu donc jamais vu ?
Y serais-je éternellement seule
Ou viendras-tu m’y pousser encore un peu
A ces heures tardives où je cherchais un linceul
Pour recouvrir ce qui de nous ne voulait vœu.
Pour y remettre un peu de ce jeu
Y déposer un sublime regret, un mieux.
Une boite réactivant un cœur qui chatoie
A nous dire que c’est d’un raté que se font les poèmes
En décalage horaire à cette peine.
Quand sauras- tu me retrouver
Autre que sur du papier glacé ?
S’activer à refaire les mêmes erreurs
Pour quelques autres malentendus,
Stagner sur le sol, accroupi, à cette heure,
Ne m’as-tu donc jamais vu ?
Y serais-je éternellement seule
Ou viendras-tu m’y pousser encore un peu
A ces heures tardives où je cherchais un linceul
Pour recouvrir ce qui de nous ne voulait vœu.
Lune Hiver Fait Mine Un
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Collioure
Post mortem à l'horizon
Déclare ma guerre à genou
A l'abri de la raison
Foudroie le maître chanteur
Trêve de prières à l'abandon
Partout le ciel et la sueur
Reflète une ingénieuse mousson
Au delà des pleurs acajous
Frappe fort les tambours bruyants
Vacarme des barricades
Martèle la violente escale.
Le peuple crève de peine
Au son des nuits assassines
Ils volent leurs espoirs
De changer ce monde imparfait
Fini d'ordonnancer
Ils n'ont besoin que d'histoires
Où tous ne se résignent
A vivre dans la rengaine
De ta haine raciale
Sans foi, ni loi, sous ces arcades
Passe donc ton chemin vaillant.
Lune Hiver Fait Mine Un
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Impulsion (1)
De boucle en boucles, de rage en rages, étrange abandon.
C’est libre à présent que tu entendras le son de cette voie.
Encore frêle et peureux, c’est pourtant dans le souci du détail,
Hasard de nuit, bonté du jour, possessif et respectueux,
Que tu as trouvé place.
L’équilibre reste fragile, mais agile, essaie de ne plus convier l’impatience.
Abandonne le glaive au pied du chevalet.
Je t’aime ne veut rien dire si tu ne dis pas « je te vois ».
Nul n’est victorieux aux guerres de Thèbes,
Et c’est pourtant par ce chemin que tu t’es aventuré.
La foule a submergé l’étincelle, mais de deux pieds tu t’es relevé.
L’image n’est pas le sang, et c’est dans celle-ci que tu te reconnais.
Dans cette affaire, les mots ne détruisent pas le ciel, ils s’adonnent à la raison.
Sous cette tente du désert, appelle l’eau à tes lèvres, suit l’étoile.
Dans un parfum de bruit trop sourd, les langues se mêleront,
N’oublie pas que Babel est une des leçons.
« Lune Hiver fait Mine Un »
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Noctambules – 2
Allongés sur le dos,
fermons les yeux, dans un face à face apaisé, contemplons l'horizon de nos paupières closes, le néant.
Un instant.
Joignons les mains sur la poitrine
pour sentir jaillir ce si profond repos
à venir.
à venir.
Sans respirer, essayons de ressentir ce silence profond de nos êtres.
Un jour bientôt, l'ultime repos.
Cette nuit, j'ai hâte.
Cette nuit, j'ai hâte.
Mais demain, le temps aura déjà passé trop vite...
Ann Mo
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Les Coccinelles
Lasure du temps des damnés
J’entends au loin dans l’estuaire ineffable
Le silence de mes jeunes années
Ouverte à l’oraison sulfatée
Grimace mauve de terre coupable
C’est un instant fécond presque égaré
T’aurais-je donné de cet aperçu l’onde de choc atténuée ou la trêve ?
J’y pense et puis j’oublie
Le facteur tournera court
Fatigué d’être nanti
Est-ce par désir ou par amour ?
Les coccinelles reviendront par la fenêtre
Accompagnées des jeux dangereux
Elles tourneront au-dessus de ta tête entre la joie et la douleur.
Partir quand même laissant le vent emporté le sel
Citrouille du jardin d’automne lumière de nuit
J’ai encore dans les yeux des papilles éternelles
Ramenant au lasso ce détour maudit
Océan de feu, guerre de pierres
C’est une brèche que j’annule au levant du soleil
Agadir dans sa coupe amène ses prières
Laissant l’hirondelle s’envolée dans l’éveil d’un soir multicolore et ouvragé.
J’entends au loin dans l’estuaire ineffable
Le silence de mes jeunes années
Ouverte à l’oraison sulfatée
Grimace mauve de terre coupable
C’est un instant fécond presque égaré
T’aurais-je donné de cet aperçu l’onde de choc atténuée ou la trêve ?
J’y pense et puis j’oublie
Le facteur tournera court
Fatigué d’être nanti
Est-ce par désir ou par amour ?
Les coccinelles reviendront par la fenêtre
Accompagnées des jeux dangereux
Elles tourneront au-dessus de ta tête entre la joie et la douleur.
Partir quand même laissant le vent emporté le sel
Citrouille du jardin d’automne lumière de nuit
J’ai encore dans les yeux des papilles éternelles
Ramenant au lasso ce détour maudit
Océan de feu, guerre de pierres
C’est une brèche que j’annule au levant du soleil
Agadir dans sa coupe amène ses prières
Laissant l’hirondelle s’envolée dans l’éveil d’un soir multicolore et ouvragé.
"Lune hiver fait mine Un".
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Noctambules – 1 –
Condamnés à errer, faisons le en chantant.
L’émerveillement maintient en vie et la beauté rend heureux. Les cueillir au seuil de nos portes.
Ces fulgurances éphémères tendent à l’infini, demeurent en nous mêmes et nous guident les jours sans lumière.
Ann Mo

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