Un pas de danse

 

 Puisque l' "On ne danse jamais seul!" 

Rencontre avec Françoise Dupuy




Pantin le 30.03.2013


        Arrivée face au CND  par l'aile Est. Sensation brutale devant l'imposant bâtiment que je découvre au début de la rue Victor Hugo. Enchevêtrement de cadres de béton, d'ouverture rectilignes, de portes lourdes et gigantesques. Cet édifice créé en 1972 par Jacques Kalisz était prédestiné à recevoir tous les pôles administratifs de la ville, police, mairie, justice, mais les Pantinois refuseront cette idée utopique d'un lieu d'un pouvoir central de l'administration, et c'est le Centre National de la Danse qui s'y établira dans les années 90.

    L'entrée dans le bâtiment est tout aussi impressionnante. Espace rectiligne, répétitif de béton, constitue la cage d'escalier monumentale. Les allées sont larges, froides, et pourtant, il y a des parties de l'architecture qui viennent comme un souffle et nous ramène à l'individu, à une échelle plus humaine. Mur rouge, écran TV diffusant des images de cinémas dansés, de danses filmées, musique, des retranscriptions de spectacles. Des néons viennent animés à quelques endroits cette couleur bétonnée. Un bas relief style aztèque, courant sur tout l'intérieur du bâtiment, vient également égayer ces murs monochromes. Les grandes baies vitrées, les pièces de travail, studios ou salle d'étude, viennent réchauffer l'espace comme des alcôves où la lumière vient jouer le rôle de vecteur électrique et clair, où l'espace se libère de la froideur, de la lourdeur du matériau béton. La salle où je me dirige est assez petite, vue sur le canal de l'Ourcq. Le temps est froid mais des rayons de soleil apparaissent, donnant à la pièce une ambiance déjà très stylisée. Et puis c'est la rencontre.



     Je me présente à Françoise Dupuy pour une conférence sur la danse qu'elle vient donner à de jeunes danseurs. Je suis ici un peu par hasard, par gentillesse surtout. Merci Marie. Rencontrer Françoise Dupuy, c'est rencontrer la grâce incarnée dans un corps en mouvement, même s'il est statique. Tout danse en elle. J'ai donc cette chance de pouvoir écouter cette femme magnifique, chorégraphe et danseuse. Françoise Dupuy, de son nom de jeune fille Michaud, est une danseuse chorégraphe pionnière de la danse moderne. Elle fonde avec son mari, Dominique Dupuy, les Ballets modernes de Paris (1954-1979) et les Rencontres Internationales de Danse Contemporaine en 1969. En 1997, ils créent et animent le Mas de la danse, centre d’étude et de recherche en danse contemporaine.
 
      Françoise Dupuy est un témoin d’une période particulièrement vivante de la danse contemporaine en France. Elle est une des actrices présente dans de nombreux domaines, notamment en recherche et en pédagogie. Elle est également interprète, pour les pièces dansée de son mari, La Femme et son ombre de Dominique Dupuy, mais aussi Capture éphémère de Jérôme Andrews  et bien d'autres. Quand Françoise danse, le temps se suspend. Vous accédez, avec elle à quelque chose qui ne s'explique pas. Ceci se vit en tant que spectateur mais, aujourd'hui aussi, en tant qu'auditeur. Elle vous transmet. Elle sait trouver la manière, le souffle, pour vous embarquer sereinement mais aussi avec force dans son univers, tant sur scène, que ce jour ici, au CND lors de cette conférence.


      Cette rencontre est un instant magique, empreint d'une énergie calme et dynamique. C'est une rencontre très particulière en ce jour entre ces espaces dédiés à la danse du CND, par la présence de Françoise Dupuy mais aussi de ces jeunes danseurs venus écoutés une référence pour eux, qu'ils croisent ainsi sur leur chemin professionnel.


     Légèreté. Pas de gravité dans ces échanges, sinon celle du temps qui passe trop vite, et du béton imposant. Il y a en cet instant quelque chose d'inexplicable. Une alchimie peut être qui se fait quand vous êtes devant une personne aussi riche que Françoise Dupuy. Riche d'une expérience de vie, une vie dansée, une danse de vie. Elle dit « Je danse parce que je suis vivante ». Le danseur est sûrement l'artiste le plus accompli, parce qu'il « est » au moment où il danse et,sur scène, c'est ce qu'il donne, son être. Pas de frontière, pas de transition intermédiaire, comme le tableau, la toile, la sculpture, la représentation, sinon celle du spectacle. Mais le danseur reste « l'être » qui danse. Réel. C'est cela la force de cet art. Présence que l'on peut retrouver dans les performances en arts plastiques. Mais c'est aussi un contraste entre la réflexion, les mots posés sur la danse et cette architecture qui nous accueille.



       Rencontrer Françoise Dupuy a été une chance. Chance de pouvoir écouter le témoignage d'une vie, chance de pouvoir prendre le temps de le faire, prendre le temps d'arrêter ce temps qui court toujours, pour questionner cette danse de la vie, et celle du spectacle, tant côté danseur que spectateur, parce que vie et danse, art et danse, ne séparent jamais si ce n'est dans la réflexion de celles-ci. Encore merci à Marie Devilliers, sans qui cette rencontre n'aurait pu « avoir été ».



  • Dominique Dupuy, La sagesse du danseur, éditions J.C Béhar, Paris, 2011.
    Françoise Dupuy, Ecrits sur la danse, On ne danse jamais seul, Ressouvenances, collection pas à pas, 2012.


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        Le Ballet du Grand Théâtre de Genève.

"Amoveo" (2009), Musique sur bande de Philip Glass
"Le Spectre de la Rose" (2011), Musique de Carl Maria von Weber
"Les Sylphides" (2011), musique de Frédéric Chopin (par l’orchestre de Picardie pour les représentations du Théâtre Impérial de Compiègne).

http://www.geneveopera.ch/opera_32

« C’est beau ! »
Il n’y a rien d’autre à dire de ces trois œuvres présentées hier soir au Théâtre impérial de Compiègne où les 22 danseurs du Grand théâtre de Genève ont emporté les spectateurs par leurs envolées aériennes et leur énergie. C’est un ballet tout en couleur, avec douceur et force, pas mal d’humour, avec des décors minimalistes et une mise en scène épurée mettant en valeur les corps de ses artistes de haute catégorie que nous a présenté Benjamin Millepied, chorégraphe et danseur français, au talent de créativité des plus recherchés. Le style dansé de ces trois représentations a su garder la tradition du ballet classique tout en alliant subtilement un registre plus contemporain. Cette troupe de danseurs, aux nationalités différentes, présente dans le monde entier ces œuvres exceptionnelles. Si vous avez la chance de croiser leurs routes, respirez, soufflez, écoutez, regardez et dansez avec eux. Une parenthèse enchantée qui ne manque ni de vitalité ni de poésie.

http://www.youtube.com/watch?v=vKHM1p3g6pU

Anne.C

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     Let’s dance!

 Tourner et tourner sur soi-même, sentir son coeur battre la chamade, le souffle se faire plus présent…
Comme quand enfant, nous cherchions l’étourdissement, trop heureux de se sentir vivant. Nous perdions parfois l’équilibre après avoir tourné sur nous même jusqu’à l’épuisement!

 Tenir tête à l’espace et faire s’envoler ses bras

 Plier les jambes, sauter en l’air, dans toutes les directions jeter ses jambes en étirant les bras …

 Puis soudain, se replier le coeur prés des genoux, les bras croisés sur la poitrine.
 Et alors écouter son corps…

 Se remettre sur ses deux pieds, en un équilibre calme, genoux fléchis et tête baissée; puis dérouler sa colonne vertébrale très doucement, vertèbre après vertèbre…

 La vie est une danse, avec ses bonds et rebonds, ses arrêts sur mouvements, ses faux bonds ou ses chutes.
Apprivoiser la gravité : tout n’est que mouvement et heureusement!

 Et surtout ne pas avoir peur de chuter. La danse est aussi l’apprentissage de la chute.


Ann Mo

1 commentaire:

  1. http://lescorpsemouvants.overblog.com/

    Une petite merveille, merci Stephane.

    Anne.C

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